Comparaison des degrés de sablage SP 7, SP 6, SP 10 et SP 5 sur un carré d'acier de 3 po

Norme SP 10 (SSPC-SP 10 / NACE No. 2) : ce que « près du métal blanc » veut dire pour votre châssis

La norme SSPC-SP 10, publiée conjointement sous le nom NACE No. 2, définit le sablage « près du métal blanc ». Une fois sablé, l’acier ne montre plus aucune trace visible d’huile, de graisse, de calamine, de rouille ou d’ancienne peinture. Seules de légères ombres, stries ou décolorations sont tolérées, sur au plus 5 % de chaque zone de référence. Pour un châssis de camion, c’est le degré qui donne à l’apprêt une surface propre et un ancrage uniforme.

Comparaison des degrés de sablage SP 7, SP 6, SP 10 et SP 5 sur un carré d'acier de 3 po

Qu’est-ce que la norme SP 10 en sablage au jet ?

Les normes de préparation de surface décrivent l’état de l’acier au moment où l’on applique le revêtement, pas la façon d’y arriver. Elles viennent de la SSPC (Society for Protective Coatings) et de NACE International, réunies en 2021 dans l’AMPP (Association for Materials Protection and Performance).

Le SP 10 exige trois choses :

  • Tout ce qui est visible est parti : huile, graisse, saleté, calamine, rouille, ancienne peinture et produits de corrosion, examinés à l’œil nu.
  • Les taches sont limitées : ombres légères, petites stries ou décolorations laissées par la rouille, la calamine ou l’ancienne peinture, sur au plus 5 % de chaque zone de référence, un carré d’environ 3 po de côté.
  • Le dégraissage vient avant : le jet étale l’huile et la graisse au lieu de les retirer. Un nettoyage au solvant (SSPC-SP 1) précède donc le sablage.

La norme ne fixe ni la profondeur du profil d’ancrage, ni la quantité de sels solubles, ni la poussière laissée en surface. Ces exigences viennent de la fiche technique du revêtement ou du devis, et se vérifient à part.

SP 5, SP 10, SP 6, SP 7 : l’échelle des degrés de sablage

Norme SSPC / NACENom courantCe qui peut rester sur chaque zone de référenceÉquivalent approximatif ISO 8501-1Usage typique
SSPC-SP 5 / NACE No. 1Métal blancAucune tacheSa 3Revêtements en immersion, service très sévère
SSPC-SP 10 / NACE No. 2Près du métal blancTaches légères sur 5 % au plusSa 2½Systèmes haute performance : châssis, bennes, réservoirs exposés au sel
SSPC-SP 6 / NACE No. 3Sablage commercialTaches sur 33 % au plusSa 2Exposition atmosphérique modérée
SSPC-SP 7 / NACE No. 4Sablage léger (« brush-off »)Calamine, rouille et peinture bien adhérentesSa 1Égrenage d’une peinture saine avant recouvrement

Passer de 5 % de taches à aucune demande nettement plus de temps de sablage et d’abrasif. Pour un véhicule qui roule, le SP 10 est souvent le meilleur compromis entre durabilité et coût.

Comment vérifier un sablage SP 10 ?

L’examen visuel et les photos de référence

Le contrôle se fait à l’œil nu, sous un bon éclairage, en comparant la surface aux photos de référence SSPC-VIS 1 ou ISO 8501-1. Ces photos tiennent compte de l’état de départ de l’acier, classé de A (calamine intacte) à D (acier rouillé et piqué). Sur un acier piqué, surveillez le fond des piqûres : la rouille y résiste le plus au jet.

Le profil d’ancrage

Le jet d’abrasif laisse une rugosité, le profil d’ancrage, qui permet à l’apprêt de s’accrocher. Sa profondeur se mesure selon ASTM D4417 : comparateur (méthode A), jauge de profondeur (méthode B) ou ruban de réplique (méthode C). La valeur visée vient de la fiche technique : de nombreux apprêts époxy demandent, par exemple, de 50 à 75 µm (2 à 3 mils). Trop faible, le profil retient mal l’apprêt ; trop profond, ses pointes percent un film mince et rouillent les premières.

La poussière et les sels solubles

La poussière résiduelle se vérifie au ruban adhésif selon ISO 8502-3. Les sels solubles, eux, sont invisibles : les chlorures du sel de déglaçage restent au fond des piqûres même après un sablage impeccable. Un test Bresle (ISO 8502-6 et ISO 8502-9) les détecte. Sur un châssis qui a passé plusieurs hivers au Québec, ce contrôle vaut la peine : des sels emprisonnés sous l’apprêt causent des cloques.

Le moment d’apprêter

Le SP 10 doit être atteint au moment d’appliquer l’apprêt. Dans l’air humide, l’acier fraîchement sablé se couvre vite d’une rouille éclair qui fait perdre le degré obtenu. On garde l’acier au moins 3 °C au-dessus du point de rosée et on apprête sans attendre ; si la rouille apparaît, on sable de nouveau.

Quand exiger un sandblast SP 10 pour un camion lourd ?

Les cas où il s’impose

  • Châssis, traverses et supports attaqués par le sel, avant un apprêt époxy et une finition.
  • Bennes, citernes et réservoirs exposés à l’abrasion et à l’humidité.
  • Remise à neuf d’une semi-remorque ou d’un poids lourd qu’on veut garder longtemps.
  • Tout apprêt dont la fiche technique l’exige ; certains apprêts riches en zinc, par exemple, demandent au minimum ce degré.

Les cas où il ne convient pas

  • L’aluminium, l’acier inoxydable et l’acier galvanisé (voir la FAQ).
  • La fibre de verre et les composites, qui se poncent.
  • Une peinture saine à recouvrir : un égrenage (SP 7) ou un ponçage suffit souvent.

Pour comparer le sablage aux autres méthodes, lisez notre article sablage au jet, décapage chimique ou décapage mécanique.

Ce qu’une soumission de sablage devrait préciser

Le mot « sablé » ne dit rien à lui seul. Demandez que la soumission précise :

  1. Le degré visé, par exemple SSPC-SP 10 / NACE No. 2.
  2. Le profil d’ancrage exigé par l’apprêt et sa méthode de mesure.
  3. Le délai maximal entre le sablage et l’apprêt.
  4. Le système de peinture : produits, couches, épaisseur sèche visée.
  5. Le rapport remis à la fin des travaux.

La suite du travail est décrite dans notre article sur les 7 étapes d’une peinture de camion lourd.

Le SP 10 chez Signature KCS

Nous appliquons les normes SP/ASP 10 [À CONFIRMER the exact standards used today: SSPC-SP 10 / NACE No. 2] dans une chambre de sablage de 62 × 16 × 18 pi [À CONFIRMER], avec des billes de verre ou de l’oxyde d’aluminium selon la surface [À CONFIRMER: médias réellement utilisés, fiche 10 A8]. Nous contrôlons l’épaisseur de l’apprêt et de la peinture et, sur demande, nous remettons un rapport de contrôle et de conformité [À CONFIRMER]. Les châssis de camions lourds et de tracteurs routiers passent de la chambre de sablage à l’apprêt sans quitter l’atelier. Voyez aussi nos certifications, normes et garantie.

Ce qu’il faut retenir

  • Le SP 10 (NACE No. 2) laisse l’acier presque nu : au plus 5 % de taches légères par zone de référence.
  • Il se situe entre le sablage commercial (SP 6) et le métal blanc (SP 5).
  • Le dégraissage (SP 1) précède le sablage ; le profil, la poussière et les sels se vérifient à part.
  • Le degré compte au moment d’apprêter : la rouille éclair l’annule.
  • L’aluminium, l’inox et le galvanisé suivent SSPC-SP 16, pas le SP 10.

Questions fréquentes sur la norme SP 10

SP 10 ou SP 5 : faut-il exiger le métal blanc pour un châssis ?

Rarement. Le métal blanc (SSPC-SP 5 / NACE No. 1) ne tolère aucune tache ; on l’exige surtout pour des revêtements en immersion, comme l’intérieur de certaines citernes. Pour un châssis, une benne ou une remorque qui roule, le SP 10 donne une adhérence très proche pour nettement moins de temps de sablage. Le bon degré reste celui de la fiche technique du revêtement : si elle exige un SP 5, on fait un SP 5.

La norme SP 10 s’applique-t-elle à l’aluminium et à l’acier galvanisé ?

Non. Le SP 10 décrit la préparation de l’acier au carbone. Pousser le sablage jusque-là sur de l’aluminium, de l’acier inoxydable ou de l’acier galvanisé arracherait du métal ou du zinc sans raison. Ces surfaces se préparent selon SSPC-SP 16 : un sablage léger, avec un abrasif sans fer, qui crée un profil d’ancrage mesurable sans user le support. Pour le galvanisé, la pratique ASTM D6386 précise aussi le nettoyage avant peinture.

Comment savoir quel degré de sablage exige mon apprêt ?

Lisez la fiche technique du produit, à la rubrique « préparation de surface ». Elle donne le degré minimal (SSPC-SP 6 ou SP 10, par exemple), le profil d’ancrage visé et parfois une limite de sels solubles. Un devis public peut aussi imposer un degré. Sans fiche, donnez-nous le nom exact du produit ou l’usage du véhicule : nous proposerons le degré et le système de peinture dans la soumission.

Un châssis ou une remorque à sabler ?

Envoyez-nous des photos de la pièce, ses dimensions et le revêtement prévu : nous vous proposons le degré de préparation adapté, et la soumission est gratuite. Tous les détails sont sur la page de notre service de sablage au jet de sable ; l’apprêt et la peinture qui suivent sont sur la page peinture industrielle.

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